La Clausilie romaine

Clausilie romaine
Clausilie romaine

Qui est la Clausilie romaine ?

La Clausilie romaine est un tout petit escargot originaire de la région des Apennins en Italie. Elle aurait été introduite en France par les romains, dans les arènes de Nîmes, au moment de leur construction, il y a environ 2000 ans.

Aujourd’hui, elle y subsiste sous la forme d’une petite population de quelques centaines d’individus localisée sur quelques mètres carrés dans les gradins des arènes de Nîmes. Elle fait désormais partie du patrimoine des arènes et les gestionnaires ont mis en place des mesures de gestion favorables à sa préservation (désherbage manuel et non chimique, isolement de la station où vivent les Clausilies romaines).

En 2017, un grand chantier de restauration des arènes menace cette population isolée. Un programme de sauvegarde a été mis en place : tous les individus ont été collectés et mis en élevage à Mèze, dans les locaux du bureau d’études Biotope, pendant un an. A la fin des travaux, au printemps 2018, cette population sera peu à peu réintroduite dans les arènes, avec l’espoir que les travaux aient permis de conserver un milieu favorable à la Clausilie romaine. Après 2000 ans d’histoire dans l’ombre des arènes, croisons les doigts pour que l’anecdote puisse perdurer pour les générations futures.

Ici : Le Communiqué de presse de 2009

Historique

La population de Clausilies romaines de Nîmes a été découverte par Coutagne en 1903. Depuis, elle est passée sous le radar des biologistes jusqu’en 2009, où Oliver Gargominy (MNHN) et Vincent Prié (BIOTOPE)  ont entrepris de redécouvrir cette espèce dans les arènes. Les deux compères ont joué de malchance : lors de leur première visite, un festival de grande envergure avait lieu dans les arènes. Tout occupés à leurs recherches sur les murs des arènes, escaladant tant que faire se peut les pierres ancestrales,  ils ont été interpelés à plusieurs reprises par les services de sécurité.

« Qu’est-ce que vous faites là ?

– On cherche des escargots »

Évidemment, l’affaire était mal engagée…

Après plusieurs interpellations, ils parvinrent tout de même à convaincre. Un rendez-vous fut pris avec le régisseur des arènes pour une visite des arènes à des fins scientifiques. Là, la population décrite par Coutagne un siècle plus tôt a pu être retrouvée. Mais localisée à quelques mètres carrés dans les gradins exposés au nord.



Avec Thierry Barbier, gestionnaire des Arènes, en 2009, face aux quelques mètres carrés de murs où vivent les Clausilies romaines depuis 2000 ans.

L’affaire eu des retombées médiatiques importantes : « la  bête à corne des arènes de Nîmes », « 2000 ans dans les arènes », « collée sous une amphore »…

Un programme de recherche a été proposé (études génétiques pour déterminer la divergence après 2000 ans d’isolement, évaluation de la taille de la population etc.), mais il n’a jamais vu le jours faute de financements.

Aujourd’hui, un chantier de restauration des arènes est en cours. La population de Clausiles romaines, qui a survécu à 2000 ans d’histoire, est menacée par la modernité. En particulier par le produits chimiques extrêmement violent qui seront utilisés pour assainir les vieilles pierres. Pour tenter de préserver cette anecdote biologique liée à l’histoire des arènes, il a été décodé d’exproprier tous les escargots momentanément. Ils sont mis en élevage dans des aquariums pendant une année complète, le temps que les travaux soient finis.

Quelques centaines d’escargots sont ainsi maintenus en élevage dans divers lieux entre Nîmes, Mèze et Lodève (les cellules d’élevage sont volontairement isolées pour limiter les risques d’infestation et d’épidémie), en attendant de retrouver les arènes après les travaux.

Les Clausilies romaines attendent de rentrer chez elles dans des aquariums à Mèze - Radio France

Un des aquariums où sont élevées les Clausilies romaines, à Mèze dans le jardin des locaux de Biotope, en attendant leur ré-réintroduction dans les arènes de Nîmes...

Mais si, finalement, les nouvelles conditions après travaux, aseptisées et hydrofugées, ne sont finalement pas favorables aux escargots ?

Que faire de ces quelques centaines de déplacés ?

Les renvoyer dans les Apennins, après 2000 ans d’expatriation ?

 

France Bleu Gard-Lozère 2017